Mort de Stéphane Hessel à l'âge de 95 ans

Stéphane Hessel à Paris, le 6 janvier 2011. | AP/FRANÇOIS MORI

Mort de Stéphane Hessel à l'âge de 95 ans

Le Monde.fr avec AFP| 27.02.2013 à 09h41
• Mis à jour le27.02.2013 à 10h24
 

Stéphane Hessel, auteur d'Indignez-vous !, est mort dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 février à l'âge de 95 ans, a-t-on appris mercredi. L'ancien diplomate et résistant "est mort dans la nuit", a confirmé son épouse, Christiane Hessel-Chabry.

Lire : Stéphane Hessel, l'indigné mondialisé

Né le 20 octobre 1917 à Berlin, "l'année de la révolution soviétique", aimait-il à rappeler, dans une famille juive convertie au luthéranisme, il arrive en France en 1925. Sa mère, Helen Grund, sera le modèle de Catherine dans "Jules et Jim", l'histoire d'une femme aimée par deux amis que Truffaut portera à l'écran en s'inspirant du roman de Henri-Pierre Roché. Son père, lui, traduit Proust en allemand avec le philosophe Walter Benjamin.

Naturalisé en 1937, reçu à Normale Sup en 1939, Stéphane Hessel, qui parle allemand, français et anglais, est l'incarnation de l'intellectuel européen. Il suit les cours de Merleau-Ponty, lit Sartre. Mobilisé en 1939, fait prisonnier, il s'évade et rejoint Charles de Gaulle à Londres. Envoyé en France en 1944, il est arrêté et déporté à Buchenwald, où il maquille son identité pour échapper à la mort. Il s'évade de nouveau, est rattrapé, saute d'un train, rallie les troupes américaines et arrive gare du Nord en mai 1945.

HOMME DE GAUCHE ET EUROPÉEN CONVAINCU

A la Libération, il rejoint le secrétariat général de l'ONU, participe en tant que secrétaire à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme et devient diplomate. Elevé à la dignité d'ambassadeur de France par François Mitterrand en 1981, il milite pour les sans-papiers – il est médiateur lors de l'occupation à Paris de l'église Saint-Bernard – et pour les Palestiniens, ce qui lui vaut les foudres des associations juives.

Promu grand-officier de la Légion d'honneur en 2006, Stéphane Hessel est aussi écrivain et féru de poésie. Auteur en 2006 de O ma mémoire : la poésie, ma nécessité, il n'aime rien tant que réciter du Baudelaire ou du Verlaine, et connaît par cœur plus d'une centaine de poèmes.

En politique, il a suivi Pierre Mendès-France, soutenu Michel Rocard en 1985, s'est présenté en 2010 en position inéligible sur les listes d'Europe Ecologie et a apporté en 2012 son soutien au candidat PS François Hollande. Homme de gauche et Européen convaincu, il était connu pour ses prises de position engagées.

Il aura connu un succès phénoménal avec son livre Indignez vous !. Enthousiaste comme à 20 ans, il se réjouissait que son message recueille le soutien des jeunes en Espagne ou en Grèce, où beaucoup de protestataires brandissaient son ouvrage. Ce succès foudroyant "est encore un étonnement pour moi, mais cela s'explique par un moment historique. Les sociétés sont perdues, se demandent comment faire pour s'en sortir et cherchent un sens à l'aventure humaine", confiait-il en mars 2012 à l'AFP.

27 février 1933 Incendie du Reichstag

Il y a 80 ans, l'incendie du Reichstag  
     
 

Dans la nuit du 27 février 1933, au coeur de Berlin, le feu s'empare du Reichstag, siège du Parlement allemand. La police arrête un Hollandais déséquilibré encarté au parti communiste.

Dès le lendemain, Hitler, entré à la chancellerie le 30 janvier précédent, dénonce un complot bolchévique et fait arrêter 4000 responsables communistes. Ils vont rejoindre à Dachau, près de Munich, le premier camp de concentration nazi...

Hitler obtient d'autre part du maréchal-président Hindenburg (86 ans) un décret qui suspend les libertés publiques.

Malgré ces entorses à la démocratie et les violences exercées sur les électeurs, les nazis ne remportent néanmoins que 44% des voix aux élections législatives du 5 mars...

En savoir plus : https://www.herodote.net/27_fevrier_1933-evenement-19330227.php

 

 

 

Ecoutons Stephane Hessel nous parler de Jean Zay et de la laïcité

Dessin des PLANTU

En 2008, à l’occasion de la remise du PRIX JEAN ZAY de la laïcité pour son livre “Citoyen sans frontières”,  
 
Stéphane HESSEL nous parlait de Jean ZAY
 
Ecoutez et regardez le film:
 
Le prix Jean ZAY de la laïcité:

Créé à l’occasion des célébrations du centenaire de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, le Prix Jean Zay a pour but de récompenser un livre porteur de valeurs républicaines qu’il soit consacré à un personnage, une période historique ou une réflexion politique; l’auteur se voit attribuer un chèque d’un montant symbolique de 1905 euros.

Stephane Hessel réfugié à Marseille en 1940

Varian FRY

Stéphane Hessel était réfugié à Marseille en 1940:

Article paru dans La Provence le 28 février 2013.

Création du CNR: Ce 7 mars à Marseille - Projection du film "Faire quelque chose"

27 mai 1943: création du CNR par Jean MOULIN 
 
2013, année de commémoration nationale de la Résistance et du C.N.R.:
 
"FAIRE QUELQUE CHOSE"
 

Une projection aura lieu à Marseille le jeudi 7 mars à 19h30

 
au Molotov ( 3 place Paul Cézanne, 13006 ).
en co-organisation entre le collectif Nosotros (Anti-fasciste Marseillais), le Mrap 13 (Mouvement contre le Racisme) et le photographe Tomagnetik.

 

Ce 8 mars: EDMONDE CHARLES-ROUX au 1er Forum Annuel "Femmes debout. Femmes en résistances"

Dans le cadre de la journée internationale de la Femme
le Site-Mémorial du Camp des Milles organise
le 1er Forum Annuel
 
"Femmes debout. Femmes en résistances",
le vendredi 8 mars 2013 à 14h30
 
Le programme :

> 14h30 : Table-ronde :

- EDMONDE CHARLES-ROUX sur les femmes dans la résistance armée
- DAFROZA GAUTHIER et BÉATE KLARSFELD sur la traque des génocidaires du Rwanda et de la Shoah
- CLAUDIA BOURDIN sur "Charlotte Salomon, artiste plasticienne et peintre déportée à Auschwitz "

> 16h30 : Film : "ROSENSTRASSE" de Margarethe von Trotta
Prix d'interprétation féminine à Venise

> 19h : Film : "SOPHIE SCHOLL, les derniers jours" de Marc Rothemund
2 Ours d'argent à Berlin - 3 récompenses à l'European Film Award


Entrée gratuite.
RESERVATIONS : (à partir du 1er mars)

fondation@campdesmilles.org
- 04 42 39 17 11
Merci de nous confirmer votre présence jeudi 07 mars au plus tard.
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Lundi 11 mars aux Archives 13: Femmes Réfugiées à Marseille pendant la Seconde guerre mondiale

Lundi 11 mars 2013:
Journée internationale des femmes
Journée des femmes réfugiées à Marseille pendant la Seconde guerre mondiale
 
Lundi 11 mars à 18h30

Réfugiées à Marseille pendant la Seconde Guerre mondiale

 

Lecture d’archives et d’extraits du roman Transit d’Anna Seghers par Clémentine Célarié.

Introduction historique par Aurélie Audeval, doctorante à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, sous la direction de Gérard Noiriel.

Marseille, 1940, des milliers de réfugiés affluent de l’Europe entière, vers ce port, situé au bout du continent européen, dernier espoir d’un ailleurs comme le décrit Anna Seghers dans son admirable roman Transit. Parmi ces réfugiés de nombreuses femmes, qui parfois avec leurs enfants sont dans l’attente d’un visa et assignées à résidence dans les hôtels Bompard et Terminus des ports. Lieux de refuge ambigus, qui parfois se transforment en souricières. Ces femmes exilées ont longtemps été passées sous silence, disparaissant derrière les figures phares de l’exil que sont Brecht, Thomas Mann, Feuchtwanger ou Max Ernst. C’est donc bien à elles que cette soirée rend hommage, par la voix admirable et engagée de Clémentine Célarié et les éclairages historiques d’Aurélie Audeval. 

Lundi 11 mars à 17h

Atelier d’histoire animé par Aurélie Audeval: exploration du fichier Bompard et autres documents d’archives en salle de lecture des Archives départementale (Durée : 1h).

Réservations au 04 13 31 82 00.

Archives départementales 13

04 13 31 82 08
archives13@cg13.fr
http://www.archives13.fr

18 Rue Mirès
Mirès
13303 Marseille Cedex 03

 

 

PERTUIS: Voyage à Auschwitz du Lycée Val de Durance.

Le Souvenir Français de PERTUIS
nous communique l’article ci-joint paru dans La Provence (Sud Vaucluse) le 20 février 2013
concernant le remarquable travail que réalisent depuis de nombreuses années les professeurs du Lycée val de Durance à Pertuis et leur récent voyage à Auschwitz.
 

Avec Hessel, les derniers cadres de la Résistance disparaissent

Les rangs des cadres et des grands témoins de la Résistance continuent de s'éclaircir avec la disparition mercredi 27 février de Stéphane Hessel, 95 ans, l'un des tout derniers survivants des services secrets de la France libre (BCRA).

"Je suis consterné par le décès de Stéphane avec qui j'étais lié par 70 ans d'amitié", a dit mercredi Jean-Louis Crémieux-Brilhac, 96 ans, ancien responsable de la diffusion clandestine vers la France au commissariat national de l'intérieur à Londres et auteur de plusieurs livres sur la France libre.

"De l'équipe de la France libre à Londres, il ne reste guère que Daniel Cordier, également du BCRA, et moi", poursuit-il. Daniel Cordier, 92 ans, fut le secrétaire de Jean Moulin pendant les onze mois précédant son arrestation et l'auteur d'une biographie monumentale sur le premier président du Conseil national de la Résistance.

HESSEL, CHEF ADJOINT DU RENSEIGNEMENT AU SEIN DU BCRA

Stéphane Hessel, reçu deux fois à Normale Sup, en 1938 comme étranger (allemand) et en 1939 comme Français, avait rejoint Londres début 1941, raconte Jean-Louis Crémieux-Brilhac. "Après un stage comme observateur dans l'artillerie, ce jeune homme brillant, parlant couramment l'allemand, le français et l'anglais, avait rejoint le Bureau central de renseignement et d'action (BCRA, services secrets de la France libre) comme adjoint du chef de la section R (renseignement)".

Avec sa jeune femme, Vitia, il formait un "couple charmant, très intégré dans la vie sociale des Français libres à Londres et plein d'espérance et de courage", se souvient Jean-Louis Crémieux-Brilhac. Volontaire pour une mission en France en mars 1944, Stéphane Hessel est arrêté, torturé, déporté en septembre à Buchenwald, condamné à mort. Il échappe à la pendaison grâce à une substitution d'identité avec un déporté mort du typhus.

Après la guerre, Daniel Cordier et Stéphane Hessel rédigèrent le Livre blanc du BCRA. Il y a un an, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), héritière du BCRA, avait rendu un hommage solennel aux Invalides pour le 70e anniversaire de sa création, en présence des deux hommes.

UNE POIGNÉE DE SURVIVANTS

Parmi les autres survivants, Jean-Louis Crémieux-Brilhac cite Yves Guéna, 90 ans, rallié à la France libre dès le 20 juin 1940, blessé en Normandie dans les rangs de la 2e DB et ancien président du Conseil constitutionnel. Il y a aussi François Jacob, 92 ans, ex-médecin de la 2e DB, Prix Nobel de médecine et ancien chancelier de l'ordre de la Libération. Aujourd'hui, ils ne reste plus que 23 survivants de cet ordre prestigieux, sur un total de 1 038.

Le dernier survivant du Conseil national de la Résistance (CNR), Robert Chambeiron, a 97 ans. Ces dernières années, de grands noms de la Résistance ont disparu : Raymond et Lucie Aubrac, Alain Le Ray, premier chef militaire du Vercors, Pierre Messmer, Germaine Tillion, cofondatrice du réseau du Musée de l'homme, Serge Ravanel, chef des Forces françaises de l'intérieur de Toulouse à la libération de la ville.

Comme Raymond Aubrac ou Stéphane Hessel, de grands résistants ont continué à prendre la parole régulièrement. En mars 2004, à l'occasion de la célébration du 60e anniversaire du programme du CNR, Lucie et Raymond Aubrac, Germaine Tillion, Stéphane Hessel, Daniel Cordier, le philosophe Jean-Pierre Vernant (décédé en 2007) ou l'ancien dirigeant communiste Maurice Kriegel-Valrimont (décédé en 2006) appelaient les jeunes générations à réagir devant la remise en cause du "socle des conquêtes sociales de la Libération".

( Le Monde.fr avec AFP| 27.02.2013 à 13h37• Mis à jour le 27.02.2013 à 14h12)

Mais qui connaît Jean ZAY ?

L’affaire Jean ZAY, la République assassinée

 
 
 Gérard BOULANGER, défenseur des parties civiles dans l’affaire PAPON, consacre un ouvrage très complet sur tous les aspects de cette “Affaire Jean Zay – La République assassinée” (Calmann-Levy, 2013):
 
En page 19 il présente ses réalisations en tant que Ministre: 
 
Qui, pour concurrencer la Mostra de Venise créée en 1932 par Mussolini, a inventé le Festival de Cannes, devenu aujourd'hui une des manifestations les plus importantes du cinéma international, le troisième événement le plus médiatisé au monde ? Et qui, pour en acclimater l'idée, inaugurant une communication politique moderne dans la France d'août 1939, a posé en futur "festivalier" - maillot de bain et pieds dans l'eau sur une plage - avec dans ses bras sa fille Catherine bébé, par ailleurs déjà photographiée dans son bureau de ministre, vingt-cinq ans plus tôt que Caroline dans le bureau de John Fitzgerald Kennedy ? Jean Zay.

Qui, avec le concours du grand et non moins méconnu Paul Rivet,  ethnologue éminent et citoyen vigilant, a créé le musée de l'Homme; mais aussi, le Musée d'Art moderne, le musée des Arts et Traditions populaires, le musée de la Marine, le musée des Travaux publics, le musée des Monuments français, et le palais de la Découverte ? Jean Zay.

Qui a forgé la Réunion des théâtres lyriques nationaux, en nationalisant l'Opéra et l'Opéra Comique, en combinant mécénat et subventions publiques et en s'assurant le concours des musiciens les plus renommés, comme Reynaldo Hahn ou  ceux du groupe  des Six, Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud,  Francis Poulenc et Germaine Tailleferre ? Jean Zay.

Qui a rénové la Comédie-Française, alors à bout de souffle, et l'a confiée aux plus grands  hommes de théâtre de l'époque, Edouard Bourdet, assisté de Jacques Copeau,  Gaston Baty, Charles Dullin et Louis Jouvet ? Et qui a aussi subventionné de nombreux théâtres français et nationalisé les théâtres antiques comme Orange et Vienne ? Jean Zay.

Qui a mis sur pied les Grands Prix nationaux du cinéma et soutenu la naissance de la Cinémathèque française de Henri Langlois et de Georges Franju ? Jean Zay.

Qui a proposé un  statut novateur de l'architecte et un  statut "visionnaire" du droit d'auteur, conçu pour l'ère électronique et pour protéger l'auteur, comme travailleur intellectuel, des rigueurs du contrat ? Jean Zay.

Qui a organisé l'Exposition universelle de 1937, laquelle donna lieu à quelques quatre cents congrès internationaux, à l'édification du palais de Chaillot, ainsi qu'à  une mémorable rétrospective des chefs-d'œuvre de l'art français voulue par Léon Blum, et qui laissa au monde entier "le souvenir ébloui de Paris Ville Lumière" ? Jean Zay.

Et qui, dans la foulée, a supervisé le decorum des symboliques manifestations du Cent-cinquantenaire de la Révolution française ou de la fastueuse réception des souverains britanniques à Paris ? Jean Zay, coruscant ministre de l'Education nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire.

.../...

Jean Zay donna de nouveaux moyens aux Archives nationales, rénova la Bibliothèque nationale, fit restaurer le château de Versailles et la cathédrale de Reims, sauva de la destruction la citadelle de Blaye, sauvegarda en 1939 les chefs-d'œuvre du Louvre  et du Prado (1), les vitraux de Notre-Dame, de Chartres, de Reims, de Troyes, de Metz et de la Saint-Chapelle, les œuvres d'art  de Saint-Séverin, de Saint-Etienne-du-Mont, de Saint-Sulpice et du Panthéon; il ouvrit les musées et les salles au plus grand nombre.

.../...

Mais Jean Zay fut aussi - au vu de ce bilan, on n'ose écrire surtout - ministre de l'Education nationale.

Et, à ce titre, qui a inventé l'Ecole nationale d'administration (ENA), dont le projet fut vivement critiqué dans un rapport au Conseil d'Etat par un jeune auditeur nommé Michel Debré, lequel, pour en avoir promu un projet dénaturé à la Libération, passe aujourd'hui pour en être le père (2) ? Jean Zay.

Qui a créé le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), aujourd'hui menacé de démantèlement ? Jean Zay.

Qui, par les instructions de 1937-1938 (faute de parvenir à faire voter une loi), a façonné l'Education nationale moderne, démocratisée et ouverte sur la cité, avec les trois degrés primaire-secondaire-supérieur, préfiguration de la réforme du collège unique aboutie en 1975 ? Jean Zay.

Qui a mis en place l'obligation scolaire jusqu'à 14 ans et les classes d'orientation  tout en ouvrant l'école aux loisirs dirigés et au sport, en instaurant l'heure quotidienne d'éducation physique, les demi-journées hebdomadaires de plein  air et le brevet sportif populaire ? Jean Zay.

Qui a promu la Médecine préventive, le Bureau universitaire de statistiques, ancêtre de l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (ONISEP), et le Comité supérieur des œuvres sociales, ancêtre des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), en faveur des étudiants ? Jean Zay.

Qui a développé cinéma éducateur et radio scolaire, ancêtres du Centre national de télé-enseignement, ainsi que les bibliobus ? Qui a multiplié avec éclat les bourses d'études, les établissements scolaires, les terrains de sport et les postes d'enseignants ? En effet qui, pour atteindre l'objectif d'un maximum de trente-cinq élèves par classe, a créé deux cent vingt-cinq postes de professeurs  et cinq mille postes d'instituteurs ? Jean Zay.

Et qui, enfin, ayant favorisé l'expérimentation, la pédagogie novatrice et la méthode active au détriment de la parole d'autorité, fut applaudi par le grand pédagogue réformateur Célestin Freinet (3) en ces termes: "Je puis affirmer que si nous avions, dans l'histoire de l'évolution scolaire française, quelques lustres aussi riches en innovation hardie que ces deux dernières années, il y aurait bientôt quelque chose de changé dans l'éducation française" ? Jean Zay, Jean Zay, Jean Zay ! Or qui connaît Jean Zay ? Personne, ou peu s'en faut.”

(1) La république espagnole, en proie au pronunciamiento du général Franco, les avait provisoirement confiés à la France, tout comme ses réserves en or.

(2) En vue de créer l'ENA, Jean Zay posait la question: "Quel enfant du Peuple a accédé à la fonction d'ambassadeur ?" La réforme dénaturée mise en place après guerre par Michel Debré permit aux enfants d'ambassadeur de le devenir à leur tour, mais en passant par l'ENA.

(3) Célestin Freinet (1896-1966), instituteur qui conçut une pédagogie résolument novatrice, fondée sur le "tâtonnement expérimental". En butte à des persécutions administratives et politiques, il fonda à Vence, avec son épouse Elise, sa propre école pilote, l'école du Pioulier, que Jean Zay autorisa le 23 juin 1936. Emprisonné comme communiste en 1940, puis assigné à résidence, il rejoignit la Résistance dans les Hautes-Alpes où il dirigea un maquis. Ce qui ne l'empêcha pas après guerre d'être calomnieusement accusé d'avoir "collaboré avec Vichy" par les staliniens. Ses idées continuent d'inspirer un mouvement pédagogique.

 

27 et 30 mars: conférence et visite au Camp des Milles

La municipalité d’ENSUES-le-REDONNE 
vous convie à ses activités concernant le Site-Mémorial du Camp des Milles:

1937: Jean ZAY ministre faisant respecter la laïcité dans l'enseignement

Le blog “Humanisme laïque” rappelait
la vie du Ministre Jean ZAY, 
un ministre faisant respecter la laïcité
 
et publiait l’article suivant
 
Le 15 mai 1937, Jean ZAY souligne dans une circulaire : "la nécessité de maintenir l’enseignement public... à l’abri des propagandes politiques et confessionnelles", "aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise".

Jean ZAY, franc maçon, situé à l’aile gauche du parti radical qu’il ne cesse de critiquer pour sa frilosité se prononcera à la fois contre la non intervention en Espagne et contre les accords de Munich.
Il paiera de sa vie son engagement humaniste et politique, emprisonné à Riom, il sera exécuté par des miliciens en juin 1944 au puits du diable à Cusset dans l’Allier.

D’abord Secrétaire à la Présidence du Conseil, il est choisi par Léon BLUM comme Ministre de l’Education Nationale, le 6 juin 1936, poste qu’il conservera jusqu’au 10 septembre 1939.
Le Front Populaire prend des décisions importantes : législation du travail (Accords de Matignon) –scolarité – loisirs – assurances sociales – allocations familiales –grands travaux – SNCF – Banque de France – Justice – commerce –Nationalisation des fabrications de guerre.

C’est l’époque de « la grève sur le tas ». Les travailleurs sont impatients de mieux vivre. Jean ZAY, pour son nouveau travail, élabore un plan d’ensemble cohérent et en entreprend la réalisation. S’entourant de collaborateurs qualifiés, il travaille en relation avec le Comité Supérieur de l’Instruction Publique qui, après délibérations, approuve ses positions. Il est très impressionné par cette docte Assemblée. Il travaille aussi avec les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves, les organisations laïques. Son directeur de Cabinet est M. ABRAHAM, fidèle et compétent.
Le 5 mai 1937, il dépose 3 projets de loi :

  • le premier, portant sur la réforme des enseignements des 1er et second degrés
  • le second, concernant la création d’une Ecole Nationale d’Administration
  • le troisième, qui règle la matière du droit d’auteur et du contrat d’édition

Lorsque la guerre survint, ces 3 projets étaient en discussion à la Chambre des Députés ou au Sénat.

Son projet de loi sur l’école vise à l’harmonisation des programmes. Il organise l’unité de l’école au premier degré, établit le second degré avec une classe d’orientation commune à toutes les filières à l’entrée du second degré, la coordination des programmes des sections classique, moderne ou technique, afin de permettre des passerelles, avec l’idée d’un système d’orientation continue échelonnée sur toute la durée de la scolarité.

Jean ZAY veut l’égalité des chances, la sélection par le mérite. Son projet pédagogique a pour but de faire se rejoindre les classes moyennes et les classes ouvrières.

En vertu de son pouvoir de décision, il réalise beaucoup de réformes projetées : scolarité jusqu’à 14 ans – réduction des effectifs – l’éducation physique devient obligatoire et l’après-midi de plein air est créé –gratuité de l’enseignement du second degré – organisation des diplômes et de l’enseignement technique – protection de la santé des élèves –colonies de vacances – œuvres sociales – enseignement post-scolaire –cantines.

Avec Léo LAGRANGE, il développe les Auberges de Jeunesse et le tourisme populaire (campings, camps de vacances). Il introduit dans les examens le Brevet Sportif Populaire.

Il adopte une politique du sport (stades, piscines) et crée des écoles nationales de ski et de tennis.

Par circulaires, il s’inscrit contre les propagandes politiques ou religieuses à l’école. Il crée et organise le Comité Supérieur desŒuvres Universitaires : cercles d’étudiants, cités universitaires, centres de médecine, contrôle des restaurants.

Bien entendu, un effort particulier est fait pour la formation des enseignants :

  • Baccalauréat plus formation en Ecole Normale sanctionnée par un Certificat d’Etudes Pédagogiques pour le primaire,
  • Baccalauréat plus titres ou grades qui seront arrêtés par décret avec Certificat d’Aptitudes Pédagogiques.

L’effort est énorme ! Beaucoup de lycées et d’écoles sont construits, reflétant les tendances de l’art contemporain. Sa politique d’équipement scolaire est exemplaire. Il arrache des crédits : 264 millions en 1936 – 129 en 1937– 300 en 1938. Il crée des postes d’enseignants :

  • en 1936 : 1052 dans les lycées et collèges,
  • 30 postes d’inspecteurs primaires
  • plus de 10 000 postes de 1936 à 1939.

Pendant l’occupation allemande il écrira que la réforme était à ses yeux « comme le testament d’un humanisme libéral ».
Bien sûr, encore des polémiques ! La gauche, dans son ensemble, est pour et les milieux conservateurs crient à l’assassinat des humanités. Les ligues continuent leur hargne contre Léon BLUM et sa « tribu ».
Henri BERAUT énumère les ministres et leurs collaborateurs qui, à son avis, sont juifs, désignant de futures victimes à la rage raciste des Vichyssois et des nazis.

Aux réalisations de Jean ZAY, il faut encore ajouter d’autres travaux, non des moindres :

  • la Loi sur la création de l’Ecole Nationale d’Administration , votée le 27 novembre 1938.
  • la création du Centre National de la Recherche Scientifique, avec Jean PERRIN (1937-1938)
  • l’organisation du Bureau Universitaire des Statistiques, qui deviendra le Centre National de Documentation Pédagogique
  • l’organisation des droits d’auteur et des contrats d’édition.

Que de travail fourni ! Mais n’oublions pas qu’il était Ministre de la Culture.
A ce titre, il organise des expositions d’art, des tournées théâtrales, signe des conventions culturelles avec différents pays, envoie des professeurs agrégés dans les universités ou lycées français à l’étranger : Athènes, Beyrouth, Varsovie.
Il fait aménager la Bibliothèque Nationale, crée la Pinacothèque, le Musée des Arts et Traditions Populaires, rénove la salle de l’Opéra et fait construire celle du Palais de Chaillot.
Il redresse la Comédie Française avec Edouard BOURDET (assisté de Gaston BATY, Jacques COPEAU, Charles DULLIN et Louis JOUVET)
Il provoque aussi des commandes d’Etat à des artistes : il fait aménager son bureau par Pierre BONNARD. Il n’est jamais à court d’idées. Il élabore un statut pour le cinéma et crée le festival de Cannes (Septembre 1939 : il n’aura pas lieu !)
Il veut utiliser cinéma et radio comme moyens pédagogiques.
Lors de l’exposition universelle de 1937, il organise une exposition d’art au nouveau musée d’art moderne, tandis que le Palais de la Découverte reçoit organisée par Jean PERRIN une exposition scientifique expérimentale de haut niveau.

EMPRISONNE PAR LE GOUVERNEMENT DE VICHY IL SERA LIVRE A DES MILICIENS POUR ETRE EXECUTE

Le 20 juin 1944, il est réveillé par des inconnus qui l’emmènent vers une destination inconnue. La Citroën quitte la prison, l’emmène vers les Malavaux. Là, à pied, ils partent vers le Puits du Diable…et Jean ZAY fut abattu par une rafale de mitraillette de DEVELLE. Son corps fut jeté dans le puits. Sa femme s’inquiète, n’ayant aucune nouvelle ! Le 22 septembre 1946, deux chasseurs parcourent le massif surplombant Cusset, dans l’Allier, et découvrent au fond du trou dénommé « le Puits du Diable » 2 cadavres. La Police Judiciaire fait une enquête, découvre la trace de DEVELLE, milicien fanatique, qui est arrêté sur le bateau à destination du Pérou. Celui-ci est remis à la Police Française en 1948. Défendu par Maître FLORIOT, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Depuis, il a été libéré.

Ses deux complices étaient les miliciens CORDIER (exécuté par des maquisards) et MILLOU qui échappa à la police. Il semblerait que ces hommes aient pris leur décision dans un climat de haine raciale, ayant vécu des décennies dans une atmosphère d’anti-sémitisme.

En effet, durant l’occupation, Jean ZAY subit les attaques les plus sordides, le désignant comme « un juif fauteur de guerre », franc-maçon de surcroît.

Dès le 22 juin 1945, l’Assemblée Consultative provisoire lui rend un brillant hommage. Il est cité à l’Ordre de la Nation… et le 27 juin 1947 a lieu à la Sorbonne une cérémonie où l’université française rend hommage à son grand maître, cérémonie qui se renouvelle chaque année.

Selon le mot de Jean CASSOU, la rafale de mitraillette de DEVELLE avait élevé Jean ZAY au rang de « Ministre de l’intelligence ».

Par Jean-François Chalot, d’après l’étude effectuée par Françoise G. 

(http://laicite.canalblog.com/archives/2007/05/21/5027002.html)